CAN VILA ROUSSILLON

LA RIVIERE

En partie basse de la propriété, un chemin de chèvres plein de charme permet de descendre à pied jusqu’à l’Ample et de visiter la vallée. Nature sauvage garantie mais attention, il y a un dénivelé de 250 mètres entre le mas et la rivière. La descente est facile, la montée est rude ! Emporter de quoi se désaltérer.

LES MOULINS

Pour les amateurs de vieilles pierres, une fois arrivés à l’Ample, franchir le torrent et traverser la pairie à gauche,  vers l’aval. On trouver  en bordure et à peu près au milieu de celle-ci un ancien moulin à eau dont dont la structure a été restaurée récemment, qui est intéressant par son mode de fonctionnement. Ce moulin dépendait autrefois d’un mas voisin, Can Profité . A droite du bâtiment, il existe une fosse profonde  qui était la réserve d’eau du moulin, alimentée par un bief. L’eau se déversait par deux canaux en entonnoir situés au fond de la fosse, sous le moulin. Les jets d’eau venaient frapper deux roues en bois en position horizontale, fixées sur un axe métallique vertical qui animait les meules à l’intérieur du moulin par un système de pignons.

D’après le propriétaire du moulin qui était né dans son mas et qui y est mort au début des années 70, celui-ci aurait été exploité jusqu’entre les deux guerres. A cette époque, le bâtiment était encore en parfait état. A l’intérieur, les meules étaient en place ainsi que tous les ustensiles nécessaires à son fonctionnement.

On trouve les ruines d’un autre moulin plus ancien construit sur le même principe en prenant à droite, vers l’amont, jusqu’à une bifurcation de la rivière qui se sépare en deux, à 100 mètre environ de l’extrémité du chemin qui conduit à l’Ample. Les ruines de ce moulin sont visibles sur l’éperon rocheux situé au confluent des deux rivières. Si on descend l’éperon sur la gauche en regardant l’amont, on aperçoit le bief de pierres maçonnées à flanc de rocher qui amenait l’eau jusqu’à la réserve du moulin. Ce bief est à 8 ou 10 mètres au-dessus de la rivière et s’étend sur plusieurs centaines de mètres pour aller chercher l’eau dans le lit du torrent.

Cet ouvrage conçu pour alimenter un modeste moulin de montagne dans un site presque inaccessible, paraît démesuré.

Pour le comprendre, il faut s’imaginer qu’il y a encore 150 ans, les collines et montagnes alentours qui sont aujourd’hui couvertes par la forêt et le maquis, étaient largement cultivées. Quand on pénètre à l’intérieur des bois, on rencontre un peu partout les vestiges d’anciennes murettes de pierre sèche que les paysans montaient dans tous les endroits propices à l’aménagement d’un espace plan.  Des surfaces importantes étaient ainsi cultivées  en une multitude de terrasses, dont la superficie unitaire n’excédait pas quelques centaines de mètres carrés. Ces cultures difficiles et peu rentables ont été abandonnées dans le courant du XIXème siècle et la nature a repris ses droits.

Ceci explique, dans cet endroit redevenu sauvage, la présence de deux moulins à moins de 200 mètres de distance, qui ont sans doute connu une activité intense pendant des siècles. La grande batisse construite à flanc de rocher au-dessus de la rivière, qu’on peut apercevoir au bout de la prairie, témoigne de cette prospérité. C’était la maison du meunier.